Dita Kraus, responsable de la librairie d’Auschwitz, vient de s’éteindre à l’âge de 96 ans.
Dita Kraus est décédée le vendredi 23 octobre 2025 dans la ville de Netanya en Israël, entourée de l’amour des siens.
Fille d’un professeur de droit, elle est née à Prague en 1929, sous le nom d’Edith Polachová. En 1942, elle est déportée avec sa famille au camp de Teresienstadt
Ils seront transférés à Auschwitz, dans la partie réservée aux Tchèques, où le père de Dita mourra quelques semaines plus tard.
Ensuite, un des dirigeants d’un mouvement de jeuness, Fredy Hirsch, parvint à convaincre les autorités du camp de créer une garderie pour les enfants, afin que l’éducation des enfants ne soit pas interrompue pendant leur internement.
Parmi les instructeurs se trouvait Otto Kraus, le futur mari de Dita.
Hirsch demanda ainsi à Dita de s’occuper des livres retrouvés dans les bagages des arrivants à Auschwitz.
Si Kraus ne se souvenait que des œuvres de Wells, d’autres survivants évoquaient un atlas et un ouvrage du psychanalyste Sigmund Freud, entre autres.
Dans ses mémoires, Kraus expliqua : « Mon rôle était de veiller sur la douzaine de livres qui constituaient la bibliothèque. »
En 1944, Dita et sa mère sont transférées à Hambourg pour ensuite aboutir à Bergen-Belsen.
Peu après la libération de Bergen§Belsen par les Alliés, la mère de Dita meurt à son tour.
Dita retrouve Otto Kraus, l’instructeur de l’école d’Auschwitz et s’installe avec lui à Prague. Suite à la prise du pouvoir par les communistes en 1948, le couple part s’installer en Israël.
Son histoire a été reprise par l’écrivain espagnol Antonio Iturbe dans un livre paru en 2012 : « La libraire d’Auschwitz »
En 2020, Dita Kraus a écrit ses propres mémoires : « A Delayed Life: The True Story of the Librarian of Auschwitz. «
